Voiture connectée : à quand le pilotage automatique?

Messieurs (et mesdames), si vous avez raté l’information : le salon de l’auto a commencé. Au menu, tout un tas de jolies, grosses et chouettes voitures devant lesquelles des hôtesses sexy vous accueilleront. Ce qu’il faut retenir de cette édition 2014, ce ne sont pas les hôtesses, mais bien les voitures connectées qui font leur grand show Porte de Versailles.

Depuis quelques années, elles ont en effet insidieusement commencé à prendre le contrôle. Un capteur par ci, un ordinateur de bord par là… et hop ça fait des chocapic ! Désormais les voitures se garent seules (Dieu merci, mon créneau était approximatif !) et répondent au téléphone pour nous. Mais le concept de la voiture connectée va heureusement plus loin.

Les précurseurs de la voiture connectée

Depuis des années, tous les constructeurs et équipementiers automobiles ont déployé d’énormes efforts pour proposer aux automobilistes des voitures de plus en plus intelligentes. Promenez vous chez les concessionnaires : tous les modèles (ou presque) sont désormais dotés de tablettes tactiles avec GPS intégré, Bluetooth pour connecter votre téléphone, ordinateur de bord qui vous lit vos textos et vous prévient des zones de danger de sa voix sensuelle de robot, etc. Certaines voitures sont même équipées de systèmes de freinage automatique aux intersections et de système anti-sorties de route.

Mais au delà de la « simple » voiture connectée, on trouve la voiture autonome : celle qui bientôt nous piquera le volant car elle pourra se débrouiller sans nous, le summum de la voiture intelligente.

Dans ce domaine, tout a commencé sous l’impulsion du constructeur automobile Volvo (avec le financement de la Commission Européenne). Le projet SARTRE (SAfe Road TRains for the Environment) voit le jour en 2009. Le principe est très simple : un véhicule de tête, conduit sur l’autoroute par un chauffeur expérimenté, joue le rôle de « train routier » sur lequel les véhicules peuvent venir se raccrocher à distance. Ainsi, si le véhicule de tête freine, le message est aussitôt envoyé aux autres membres du « train » qui vont eux aussi freiner. Et ils ré-accélèrerent une fois que tout est dégagé devant. Quand vous approchez votre destination, une alerte retentit : finie la sieste ! Il vous faudra reprendre les commandes pour finir le trajet.

Simple et efficace, le projet permet non seulement de taper un roupillon au volant mais aussi de jouer avec vos enfants (qui du coup arrêterons de vous casser les pieds en mode « c’est quand qu’on arrive ? ») Dans les faits, le projet a pris la route dans des conditions réelles en 2012 : 200 km en Espagne, du côté de Barcelone. Mais il ne s’est pas développé outre mesure…

De son côté Google est parvenu à un meilleur résultat. Avec sa Google Car bardée de capteurs et de caméras (mais pas franchement discrète du coup), l’entreprise fait figure de véritable précurseur dans le domaine des voitures autonomes.

Elle ne se contente plus de se promener dans le monde entier pour photographier nos routes : la Google Car est un concept de voiture sans conducteur à part entière. En octobre 2010, Google annonce d’ailleurs avoir installé son système de pilotage automatique sur 8 véhicules (Toyota, Audi et Lexus) qui ont parcouru plus de 800 000 km en Californie sans avoir causé d’accident. Plutôt pas mal ! En attendant, il va quand même falloir travailler sur le design…

Voiture connectée Google car

Pour le moment, et en attendant que les systèmes soient complètement fiables, les voitures autonomes évoluent en général dans des environnements fermés, comme cette ville fantôme développée une université. Mais l’idée étant que Monsieur tout-le-monde puisse faire la sieste ou jouer à 2048 sur l’autoroute, ce serait bien que ces voitures soient opérationnelles dans un environnement réel… et les ingénieurs y travaillent.

La recette de la voiture autonome

Mais de quoi a-t-on besoin pour obtenir une voiture autonome, qui assurerait votre trajet de bout en bout sans avoir à toucher au volant ?

      • Une bonne dose de radars: c’est la base de la voiture connectée. Ces capteurs d’une portée de 200 mètres sont placés dans les pare-chocs avant et arrière pour déterminer la distance des objets qui entourent la voiture. C’est utile non seulement pour se garer (tut tut tut tuuuuuuuuuuuut), mais aussi pour maintenir des distances de sécurité, détecter les autres usagers qui sont dans un angle mort ou pour freiner sans intervention du conducteur en cas de ralentissement.

utilisation radar voiture connectée

  • Une ou plusieurs caméra(s) : placée(s) près du rétroviseur intérieur, elle(s) permet(tent) de « raffiner » les données du radar, en détectant les éléments mobiles (piétons, animaux…) et même les panneaux de signalisation.
  • Un accéléromètre : il  enregistre les mouvements de la voiture, et les recoupe avec l’odomètre, capteur qui mesure la vitesse.
  • Éventuellement un LIDAR, cet outil laser qui permet de générer une image 3D de l’environnement dans lequel évolue le véhicule. Oui, c’est ce gros truc moche sur le toit de la Google Car et il coûte la bagatelle de 70 000 dollars. La bonne nouvelle c’est que grâce aux capteurs précédents, on peut s’en passer !

Une fois toutes les données relevées grâce aux capteurs, il ne reste plus qu’à l’ordinateur de bord surpuissant de gérer le déplacement de la voiture dans son environnement. Pour ce faire, il recoupe évidemment l’info avec le GPS (qui a plutôt intérêt à être à jour !) et avec les données échangées avec ses semblables, via wifi.

La voiture connectée, ça sert à quoi finalement ?

Alors me direz-vous, pourquoi diable cherche-t-on à nous piquer le volant ? En d’autres termes, quels sont les bénéfices de la voiture autonome ? Outre le fait de pioncer pendant un Paris-Marseille, elles présentent de nombreux avantages.

Tout d’abord, n’en déplaise à nos amis écologistes, les voitures autonomes permettront d’optimiser l’espace (en réduisant les distances de sécurité par exemple) et d’éviter les embouteillages.  Quand on sait que les bouchons coûtent 6 milliards d’euros à l’économie française chaque année, on serait en effet heureux de pouvoir s’en débarrasser ! Par ailleurs, selon l’Université de Columbia, la voiture autonome et communicante permettrait d’augmenter la capacité d’accueil des routes de 273% ! De quoi donner à réfléchir à certaines municipalités qui font preuve autophobie primaire !

Ensuite, les voitures autonomes permettraient de réduire la part du facteur humain, responsable selon l’Association de Prévention Routière de 90% des accidents (quand même). Encore une fois, quand on sait qu’il y a eu 3268 morts sur les routes de France en 2013, on se dit que 2941 de moins, ce serait bien !

Capteurs voitures connectéesCe n’est pas tout : d’un point de vue social, la voiture permettra de ré-intégrer à la société des individus qui en étaient exclus par défaut de voiture: ainsi, les personnes qui n’ont pas ou plus de permis pourront tout de même se déplacer (notamment les personnes âgées).

Enfin, avec la voiture connectée aux commandes, plus question de s’énerver et de conduire comme un abruti (c’est déjà un bon point pour nos nerfs !): la conduite plus coulée de notre titine permettra d’atteindre des gains de consommation de 20% ! Pas négligeable pour la planète !

Ceux qui vont faire la tronche

Evidemment, ça ne va pas plaire à tout le monde. S’il y en a bien qui vont faire la tête, ce sont les pétroliers ! En diminuant nos consommations d’ 1/5ème , ce sont autant de vos euros qui ne rentreront pas dans leur poches (ni dans les poches de l’Etat d’ailleurs).

Et à bien y réfléchir, les assureurs aussi risquent de faire grise mine car qui dit voiture autonome dit zéro accident. Qui dit zéro accident (ou nombre très réduit d’accidents) dit primes d’assurance revues fortement à la baisse ! Vous pensez que les assureurs vont laisser s’enfuir comme ça 200 milliards de dollars de primes d’assurance automobile personnelles et commerciales souscrites chaque année aux États-Unis ?

On peut également se demander : quid de la sécurité informatique de ces voitures autonomes ? (Il ne faudrait pas qu’un crétin pirate votre voiture et provoque un accident…) et quid de notre envie de laisser conduire une machine les yeux fermés ? Personnellement, quand je vois les réactions filmées des passagers de Google Cars, je ne suis pas certain d’avoir envie d’y monter… maintenant en tout cas.

La voiture autonome c’est pour quand ?

Bon maintenant que je vous ai bien donné envie d’avoir une super voiture qui se conduit toute seule, voici de quoi vous frustrer légèrement : ce n’est pas pour tout de suite. Car si les technologies avancent à grand pas, il reste encore de nombreuses évolutions tant techniques que dans les mentalités.

Un des principaux intéressés, le PDG de Renault-Nissan nous donne sa propre vision des choses : « On peut établir la séquence actuelle : 2018, premiers véhicules sur les routes dans les pays pionniers que sont aujourd’hui les États-Unis, le Japon et la France. 2020 c’est un début de commercialisation en Europe ».

Le dernier point de blocage vient du fait que ces voitures ne sont pas encore autorisées. En effet, le droit international, via le traité de la Convention de Vienne sur la Sécurité Routière prévoit que « tout conducteur doit constamment avoir le contrôle de son véhicule« .

Pour voir une voiture autonome dans votre garage, il faudrait donc que la législation évolue ! Heureusement,  certains pionniers (Japon, Nevada, Californie, Floride…) n’ont pas attendu et testent déjà leurs véhicules intelligents sur route ouverte.
C’est à ce prix que les technologies s’amélioreront et c’est la raison pour laquelle de nouveaux pays vont s’ajouter à la liste : la France en 2015 et la Suède en 2017.

Conclusion, la voiture autonome c’est presque demain, mais espérons qu’il y aura toujours des passionnés (comme moi) qui apprécieront de conduire de belles voitures sans aucune assistance !

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