Un méga-tsunami dans l’Atlantique il y a 70 000 ans

Ah ça, c’est une nouvelle comme je les aime : une annonce de catastrophe bien apocalyptique ! Des géophysiciens américains viennent en effet de trouver les traces d’un méga-tsunami qui se serait produit il y a 73 000 ans dans l’archipel du Cap-Vert. Une vague de 240 mètres de haut aurait submergé (entre autres) l’Île de Santiago. Pour comparaison, la vague du tsunami de 2004 qui a fait plus de  200 000 victimes en Asie du Sud-Est ne mesurait « que » 20 mètres de haut.

Fogo, une bombe à retardement

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Le volcan Fogo au Cap Vert a-t-il déjà provoqué un méga-tsunami ?

Fogo est l’une des plus grandes îles volcaniques au monde. Située dans l’archipel du Cap Vert, l’île présente une immense cicatrice sur son flanc Est. Pour les géophysiciens de l’université de
Columbia, c’est la preuve qu’un effondrement monumental a eu lieu, il y a environ 73 000 ans. La chute de ces milliers de mètres cube de roche dans l’océan aurait provoqué un méga-tsunami : une vague, qui de ses 200 mètres de haut, aurait tout englouti à des kilomètres à la ronde.

Autre preuve. En étudiant d’énormes blocs rocheux (d’environ 700 tonnes, belle bête), retrouvés sur l’île de Santiago, à 650 mètres de la côte et à environ 200 mètres d’altitude, les chercheurs ont découvert qu’en fait, ces gros cailloux n’avaient rien à faire là : leur composition diffère complètement de l’environnement où ils se trouvent et s’approche davantage de celle du littoral de l’île. Cela signifie qu’ils se trouvaient auparavant sous le niveau de la mer et qu’un tsunami les a non seulement sortis de l’océan mais également expulsés sur l’île.

Cet épisode apocalyptique pourrait tout aussi bien se reproduire aujourd’hui : selon les auteurs de l’étude, parue dans la revue Science Advance, les flancs du Fogo (dont la dernière éruption date de 2014) seraient particulièrement fragiles…

Méga-tsunamis : des risques partout dans le monde

Mais ne soyez pas jaloux, ce type d’effondrement cataclysmique peut intervenir à peu près n’importe où (youhouuuu!)

On peut par exemple évoquer le méga tsunami qui a dévasté la méditerranée il y a 3200 ans suite à l’éruption de Santorin (et que certains attribuent au mythe du déluge). Il y a aussi plus récemment le cataclysme de la baie de Lituya en Alaska : le 9 juillet 1958, suite à un séisme de magnitude 8,6, un énorme pan de montagne s’effondre dans cette baie. Les 90 millions de tonnes de roche forment alors une vague de 524 mètres de haut (la plus haute jamais répertoriée) qui a littéralement tout dévasté dans la vallée sur plusieurs centaines de mètres d’altitude.

Actuellement, trois volcans sont des candidats sérieux pour un futur méga-tsunami apocalyptique :

  • le Piton de la Fournaise, sur l’île de la Réunion, dont la forte activité pourrait un jour provoquer un effondrement dans l’Océan Indien.
  • le Kilauea, à Hawaï : actuellement tout un pan de ce volcan glisse de quelques centimètres par an dans l’océan. Cela pourrait aboutir à un effondrement (dans le pire des cas) de 120 km3 de roches dans le Pacifique… ce qui, immanquablement, provoquerait un méga-tsunami dont tout le monde profiterait, depuis le Japon, l’Australie, le Chili ou les États-Unis.
  • le Cumbre Vieja, sur l’île de La Palma aux Canaries (qui remporte la palme – uhuhuh !) : selon  un article publié par la revue scientifique Geophysical Research Letters en 2001, le flanc ouest du volcan serait instable et pourrait s’écrouler dans l’océan lors d’une prochaine éruption. Dans le pire du pire des scénarios, 500 km3 de roches pourraient s’écrouler dans l’Atlantique (soit à peu près l’équivalent du volume de 200 000 pyramides de Khéops). Cet énorme machin déplacerait une masse d’eau tout aussi gigantesque : un dôme d’eau de 900 mètres se formerait immédiatement. La Palma elle-même ferait face à une vague de plusieurs centaines de mètres de haut. Les îles les plus proches, El Hierro et La Gomera, seraient ensevelies sous une vague d’au moins 200 mètres. Les autres îles, comme Tenerife, Gran Canaria ou Lanzarote, se prendrait une vague comprise entre 50 et 100 mètres. Ensuite, les ondes se disperseraient dans tout l’océan Atlantique et, quelques heures après l’effondrement du Cumbre Vieja, les vagues viendraient frapper la côté ouest du Sahara (50 mètres), l’Espagne et le Portugal (5 à 7 mètres), l’Amérique du Nord (10 mètres), la Floride (jusqu’à 25 mètres) et l’Amérique du Sud (15 à 20 mètres). Bref, de quoi provoquer de très gros dégâts…
A quand un méga-tsunami à la Palma ?
Ile de la Palma, Canaries

Rassurez-vous, il s’agit d’un modèle particulièrement pessimiste. Malgré tout, rien n’indique qu’un phénomène de moindre ampleur ne se produira pas. Même si la vague était moitié moins haute que celle annoncée, des vagues de 15 mètres arrivant sur les côtes de la Floride provoqueraient tout de même de très gros dégâts (vu que cette région se situe quasiment au niveau de la mer).

Comment reconnaître l’arrivée d’un tsunami ?
Lorsqu’une vague de tsunami arrive, elle s’annonce… Mais encore faut-il savoir lire les signes ! Contrairement à un effet de marée classique où la mer met plusieurs heures à se retirer, là le phénomène va prendre quelques minutes : alors que vous êtes en train de barboter tranquillement au bord de l’eau, l’océan se retire d’un coup et est tellement loin que vous le voyez à peine. Parfois, le phénomène se produit plusieurs fois en quelques minutes : l’eau revient puis repart puis revient puis repart. Dans ces cas là, un seul conseil : courez vite vous mettre à l’abri dans un endroit en hauteur.
Et attention : les tsunamis sont traitres car, à la manière des répliques de séismes, il n’y a pas qu’une seule et unique vague. Donc lorsque la première est passée, ce n’est pas une raison pour redescendre !

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