Triangle des Bermudes : le mystère est-il résolu ?

Avouez : le Triangle des Bermudes et les théories farfelues qui vont avec vous fascinent… Disparition de bateaux, d’avions, faille spatio-temporelle, Atlantide, enlèvements extraterrestres, pyramide cachée, civilisation engloutie : les mystères de cette zone de l’océan Atlantique, située entre Miami, Porto Rico et les Bermudes, n’en finissent pas de titiller notre imagination. Et si l’explication derrière tout ça, c’était juste la présence d’un peu trop de gaz ?

Des dolines sibériennes… 

Pour mieux comprendre le phénomène dont je vais vous parler, quittons les eaux chaudes des Bermudes et partons à plusieurs milliers de kilomètres pour se plonger dans le froid des steppes glacées de Sibérie.

Des scientifiques norvégiens et russes se sont intéressés au phénomène des dolines sibériennes, notamment celles de péninsule de Yamal. Vous savez, les dolines, ce sont ces trous qui se forment dans un sol calcaire : lorsque l’eau s’infiltre dans le sous-sol, la roche s’érode rapidement, des tunnels se forment et des effondrements peuvent se produire.

Dans la péninsule de Yamal, le phénomène est plus que récurrent : c’est carrément devenu un sport national. Les trous formés sont remplis d’eau et il y en a partout. Mettez la carte en mode satellite et zoomez sur cette région : elle ressemble littéralement à un gruyère (tellement troué qu’il n’y a plus grand chose à manger) où des milliers de plans d’eau, de la taille d’une mare ou d’un lac, se côtoient. Et ces dolines ne se trouvent pas seulement sur Terre mais aussi en mer : le même phénomène est en effet observables sous l’eau, dans la partie sud de la mer de Kara.peninsule de yamal

… aux poches de gaz océaniques

Hydrates de méthane © Ifremer/WACS 2011

De fait, le processus de formation des trous sous-marins que l’on trouve autour de la péninsule de Yamal, sur le pourtour de l’Arctique, est lié à la présence de poches de gaz, et pourrait également s’appliquer aux mystérieuses disparitions dans le triangle des Bermudes… Comment ?

En Arctique, comme au fond de nombreuses mers, le sol est recouvert de méthane stabilisé sous forme de glace : ce sont les hydrates de méthane, également appelés « glace qui brûle ». Ces hydrates se forment sous certaines conditions de pression et de température… sauf qu’avec le réchauffement climatique, la glace est déstabilisée. Le sédiment va alors se rompre sous la pression et provoquer un dégazage important.

Ce phénomène est au cœur du problème : la différence de densité entre le gaz et l’eau est tellement importante qu’elle provoque une sorte de trou dans l’océan. Si par malheur un bateau naviguait à cet endroit précis au même moment, il n’aurait ainsi plus de portance et serait donc soudainement attiré vers le fond. Comme une pierre qui tombe à pic !

… aux disparitions de bateaux

Plusieurs scientifiques pensent que c’est ce même phénomène qui se produit dans le triangle des Bermudes. Il suffirait d’un dégazage au mauvais moment pour que le bateau passant par là soit aspiré au fond.Et il suffirait également d’un très gros dégazage pour que la concentration de méthane dans l’air puisse entraîner des turbulences atmosphériques et donc des difficultés de navigation pour les avions malchanceux.

Cette hypothèse, lié aux émanations de poches de gaz Résultat de recherche d'images pour "le triangle des bermudes"sous-marines, avait déjà été avancée en 2001 pour expliquer l’étrange naufrage d’un chalutier en mer d’Écosse :  l’épave du bateau avait été découverte au fond de l’océan posée sur sa quille, en apparence intacte et comme placée au centre d’un cratère sous-marin géant, nommé le Trou de la sorcière, dans une région parsemée de cuvettes (vestiges de l’éclatement d’anciennes poches de gaz !). Comme si le bateau avait littéralement été aspiré…

Toutefois, cette théorie n’est pas validée par tout le monde. Certains scientifiques estiment que l’hypothèse de l’éclatement des poches de méthane est acceptable dans certaines parties de la planète mais qu’il est peu probable que ce phénomène puisse se produire naturellement dans le triangle des Bermudes. Les fonds marins de l’Atlantique seraient trop profonds et la matière organique, à l’origine de la présence des hydrates de méthane, pas assez importante pour pouvoir provoquer le naufrage de navires… Autrement dit, affaire à suivre.

 

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