Accrochage entre Sea Shepherd et un baleinier japonais

Certains les disent extrémistes, d’autres utopistes… Dans tous les cas, les bergers de l’ONG Sea Shepherd sont déterminés. Pour empêcher un cargo japonais de mener sa chasse à la baleine, ils n’ont pas hésité à s’interposer plusieurs fois lors du ravitaillement du baleinier…

Le navire de Sea Shepherd pris entre un navire japonais et son ravitailleur. Capture vidéo Sea Shepherd.
Le navire de Sea Shepherd pris entre un navire japonais et son ravitailleur. Capture vidéo Sea Shepherd.

Chasse, chasse, chassera… 

La scène a eu lieu hier, 25 février 2013, dans le Sanctuaire baleinier antarctique. Cette zone protégée, grande de 50 millions de km2, est le garde-manger de 80% des grandes baleines de la planète. La pêche y est évidemment interdite, comme c’est le cas (presque) partout depuis le moratoire de 1986, établi par la commission baleinière internationale, qui interdit l’exploitation commerciale des baleines (sauf au large des côtes islandaises et norvégiennes).

Evidemment, les Japonais, qui ne manquent jamais une occasion de démonter toute initiative visant à protéger les baleines, ont trouvé la parade. Sous couvert de « licence de chasse scientifique » (il faudra qu’on m’explique ce qu’est une chasse scientifique), délivrée par l’agence japonaise des pêcheries, les baleiniers nippons s’en donnent à coeur joie pour massacrer chaque année, dans une zone protégée, une centaine de cétacés qui finissent – je vous le donne en mille – sur les étals des poissonniers.

C’en était trop pour Sea Shepherd, cette organisation de protection de la nature souvent dénoncée pour ces méthode hardcore et dont le fondateur, l’éco-activiste le plus connu de la planète et des océans, j’ai nommé le capitaine Paul Watson, est recherché activement par Interpol

La lutte finale 

Chaque année, il y a du grabuge entre les baleiniers japonais et les marins de Sea Shepherd. Mais cette fois-ci on peut dire que l’ONG a mis les bouchées double pour empêcher les pêcheurs d’accomplir leurs basses besognes. Pour sa 9e expédition sur site, Sea Shepherd a déployé quatre navires, un hélicoptère, trois drones et une centaine de militants. Rien que ça ! Autant dire que tout cela ne plaît pas trop au bateau usine Nisshin Maruni aux trois autres baleiniers nippons plus petits qui sont également du voyage.

Le navire de Sea Shepherd pris entre un navire japonais et son ravitailleur. Capture vidéo Sea Shepherd.
Le navire de Sea Shepherd pris entre un navire japonais et son ravitailleur. Capture vidéo Sea Shepherd.

Cela fait déjà quelques semaines que la bataille s’intensifie dans l’océan Austral. Selon l’ONG, tout a commencé lorsque le bateau de ravitaillement, le Sun Laurel, rempli à ras bord de fioul lourd à destination du baleinier japonais, s’est aventuré dans la zone du Traité de l’Antarctique (zone protégée où il est illégal de se promener avec ce type de cargaison).

Si l’on en croit les vidéos postées par Sea Sherpherd, l’ONG aurait ainsi décidé à de multiples reprises d’empêcher le ravitaillement du cargo japonais. Et à force de se faire « titiller », les japonais ont fini par s’échauffer. D’où un carambolage entre le navire nippon et le Bob Barker, fleuron de la flotte Sea Shepherd.

Sur le site de l’ONG, Paul Watson raconte sa version des faits.

« C’est aussi la première fois que nous nous sommes fait éperonner par le Nisshin Maru, et, pour couronner le tout, que le navire-usine japonais a éperonné à quatre reprises son propre bateau ravitailleur, le Sun Laurel, et qu’il l’a endommagé. Je suis sûr que les Japonais vont justifier l’éperonnage de quatre bateaux en haute mer en disant que c’était un accident. Après tout, il semble que rien de ce qui arrive dans le Sanctuaire baleinier ne soit jamais leur faute…

Le Nisshin Maru a forcé le passage dans  l’espace laissé entre le Sun Laurel et le Bob Barker, et a éperonné le flanc tribord du bateau de Sea Shepherd, tout en continuant à érafler le flanc bâbord du Sun Laurel. Le Nisshin Maru est passé sur le Bob Barker comme un tank écrasant une voiture après avoir éperonné son propre ravitailleur. C’est la conduite la plus irresponsable que j’ai jamais vu en mer. « 

De leur côté, les Japonais affirment que c’est le bateau de Sea Shepherd qui les a délibérément heurtés.

« This time, SS (Sea Shepherd) is sabotaging refuelling operation, which is essential for the safe navigation of ships, and the sabotage is not only malicious but inconceivably obstructive actions » a déclaré l’institut de recherche japonais sur les cétacés.

Pas la der des der 

Evidemment, chacun a son grain de sel à défendre donc difficile de dire pour l’instant ce qu’il s’est vraiment passé… Malgré tout, c’est bien le Bob Barker de Sea Shepherd qui s’est retrouvé avec tous ses mâts et son radar détruits, plusieurs voies d’eau et une coupure d’électricité, sans parler de la plateforme hélico H.S…

Quoi qu’il en soit, ce n’est pas la première fois qu’un tel incident se produit entre baleiniers japonais et membres de Sea Shepherd. En 2010, le baleinier Shonan Maru N°2 avait délibérément éperonné le trimaran néo-zélandais Ady Gil, qui a fini par sombrer quelques heures plus tard. A cette époque, là encore, les autorités japonaises de recherche scientifique et les activistes de  Sea Shepherd se rejettent alors mutuellement la responsabilité de la collision.

Actuellement, un navire militaire japonais a été envoyé pour porter main forte à leur baleinier, qui lui, a provisoirement interrompu la chasse. Autant dire que l’affaire est loin d’être terminée.

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