Sauvons les diables de Tasmanie

Vous l’ignorez sans doute mais le diable de Tasmanie, cet animal que nous connaissons tous sous les traits de Taz,  personnage de dessin animé bavant et remuant, est en voie de disparition. En cause ? Un cancer de la face (contagieux) qui a décimé leur population à plus de 90% en 15 ans. Aujourd’hui, il reste à peine quelques dizaines de milliers de spécimens. Heureusement, des scientifiques australiens sont sur la bonne voie pour créer un vaccin qui permettrait d’empêcher la propagation de la maladie.

Un cancer très contagieux

La Tasmanie est un pays qui vraiment n’a pas de chance avec ses animaux. Le Tigre de Tasmanie a été déclaré, il y a quelques jours à peine, totalement disparu. Nada plus rien. Et le diable (de Tasmanie également) suit le même chemin. Depuis plus de quinze ans, cette animal subit les ravages du cancer de la face : un diable infecté ne survit qu’entre trois et six mois lorsqu’il est contaminé. Progressivement, le cancer se développe au niveau de la gueule et les excroissances l’empêchent alors de se nourrir ou de se défendre. Elles finissent par étouffer l’animal (je vous épargne les photos, si vous en voulez il suffit de chercher sur Google, mais cela fait vraiment peur…)

Malheureusement, les diables de Tasmanie ont tendance à tout le temps se chipoter : et vas-y que je te donne un coup de dent par ci- un coup de dent par là… Et c’est comme cela que cette maladie, transmise d’animal à animal lorsqu’ils se mordent, parvient à s’implanter dans leur corps et à progresser aussi vite.

Une réserve pour sauver les diables

La Tasmanie est le seul endroit au monde où vit ce marsupial, autrefois très répandu dans toute l’Australie. Depuis que les chercheurs ont découvert que l’espèce était en danger, les autorités ont soigneusement sélectionné une quinzaine d’animaux sains, qu’ils ont transférés dans une réserve naturelle au large de la côte est de la Tasmanie. Sur l’île Maria, ils seront en totale liberté. L’objectif ? Reproduire assez d’animaux en bonne santé pour sauver l’espèce, en vue de futures réintroductions … Mais avec le risque que cette nouvelle colonie soit contaminée à son tour.

Diable de Tasmanie
Diable de Tasmanie

Le vaccin de la dernière chance

Si la vaccin voit le jour, cela pourrait radicalement changer les choses. En effet, les chercheurs qui travaillent sur le vaccin ont découvert qu’un marqueur clé, normalement présent à la surface des cellules des mammifères et qui déclenche l’immunité, était absent des cellules du diables.

En d’autres termes, sans ce marqueur (qu’on appelle molécules CMH), les cellules malades ne sont pas perçues comme « malades » par le système immunitaire du marsupial. Et elles ont donc tout le loisir de continuer à proliférer.

Mais le code génétique de ces marqueurs reste présent dans les cellules cancéreuses (présent mais non actif) : il reste donc aux chercheurs la difficile tache de réactiver ce marqueurs.

« En introduisant une protéine qui provoque une réponse immunitaire, les cellules de la maladie cancéreuse peuvent être forcées à développer les molécules CMH », a déclaré un des chercheurs de l’étude, publiée dans Proceedings of the National Academy of Sciences et menée en collaboration entre les universités de Tasmanie, Sydney, Cambridge et du sud du Danemark.

Grâce à cette méthode, les cellules malades seraient alors repérées et neutralisées par le système immunitaire de l’animal. Cela pourrait permettre d’éradiquer, après 15 ans de ravages, ce cancer si meurtrier pour l’espèce.

Pourtant prudence, les chercheurs ne sont encore qu’au stade de l’expérimentation. Et il reste encore du chemin à parcourir avant de pouvoir lancer un campagne générale de vaccination auprès des diables…

diable de tasmanie

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