Révolution des drones : prenez un peu de hauteur

Quand, il y a quelques semaines, je me suis acheté le dernier drone de chez Parrot, ma nana m’a aussitôt dit « Mais ca sert à quoi ce truc ? » Ce à quoi j’ai préféré répondre en allumant les 4 moteurs de ma nouvelle acquisition…

rolling_hand

La question à se poser, ça ne serait pas plutôt « que vais-je bien pouvoir faire de fantastique avec mon nouveau jouet ? » Car oui, le drone, qui a depuis peu envahi notre quotidien, peut apparaitre comme un simple joujou : avec ses moteurs à hélices et ses couleurs vives, je le pilote depuis mon smartphone, je prends des photos, de temps à autres je mutile ma plante verte (tout est une question d’entrainement !), etc.

Mais derrière son apparente simplicité, se cache un concentré de technologies dont les utilisations sont aussi nombreuses que variées : reconnaissance militaire, livraison de colis, prises de vues aériennes (dont France 2 et TF1 raffolent), j’en passe et des meilleures. Bien sur, le drone que je pilote dans mon salon n’a rien à voir avec celui qui sert aux Américains à pilonner le désert afghan… Le moment est donc venu de dresser un portrait de ce bijou aux multiples facettes.

 

Les origines du drone : à la guerre comme à la guerre

Tout d’abord, question idiote : qu’est ce qu’un drone ? Moment intellectuel de la journée : son étymologie vient de « drone », qui signifie en anglais … « faux-bourdon ». Vous savez, le male de l’abeille dont le bruit ressemble fortement à celui du drone (à moins que ce ne soit l’inverse). Bref. Le drone est donc un appareil  sans pilote embarqué, télécommandé à distance et souvent utilisé pour transporter du matériel. Et c’est dans le domaine militaire qu’il voit le jour.

Predator_and_Hellfire

Son apparition date de la fin de la Première Guerre Mondiale, il y a donc 100 ans ! A l’époque, les premiers drones testés n’ont qu’un seul but : protéger les soldats afin d’éviter de les exposer directement aux tirs ennemis dans des zones hostiles. Le projet est développé à la fois par les Anglais et les Français. Mais les premiers résultats ne sont pas folichons. Non seulement parce que les technologies de l’époque font qu’il n’est pas possible d’envoyer les appareils très loin et puis parce que finalement, tout le monde s’en fout un peu.

Ce n’est qu’à partir des guerres de Corée (1953) et du Vietnam (1955) que l’utilisation des drones a décollé (hihi). En effet, les progrès rapide de l’électronique durant cette décennie ont permis un bon en avant du point de vue technologique. A l’époque, les appareils servaient essentiellement à la reconnaissance aérienne et à la distribution de tracts à la population.

C’est la volonté du « zéro mort » (dans le cockpit, pas au sol… c’est la guerre mon général !) qui va pousser l’innovation. Les drones armés vont sans cesse « s’améliorer », de la guerre Iran-Irak, en passant par le Kosovo ou le Tchad, pour devenir des outils indispensables aux offensives menées sur le terrain… Tant et si bien qu’en 2013, le marché mondial du drone militaire représentait presque 7 milliards de dollars, soit 0,4% des 1747 milliards de dollars de dépenses de défense en 2013. On peut avoir l’impression que ce n’est pas beaucoup, mais partant de zéro…

A titre de comparaison, le marché mondial du drone civil pèsera pour sa part 2 milliards de dollars en 2015, avec une croissance exponentielle.

Le boom des drones civils

C’est un peu le nouveau gadget à la mode, celui qui remplacera peut être un jour nos voitures télécommandées… Et en la matière, la France possède un champion : Parrot. Depuis 2010, la société a écoulé 700 000 exemplaires de l’AR Drone, version king size du Rolling Spider, qui lui vient tout juste de sortir et promet de belles perspectives (à 100 balles la machine, elle reste à la portée de n’importe quel geek !)

AR drone 2 Précisons tout de même que le drone civil n’est pas seulement celui qui siègera en bonne place auprès du sapin pour le petit dernier… C’est aussi un outil utilisé aujourd’hui par de nombreux corps de métiers : on dénombre plus de 200 applications civiles à l’appareil !

Quelques exemples – entre autres – qu’on évoquait  en début d’article :

  • Les fantastiques prises d’images pour les journalistes ou les métiers de la comm’. Qui ne s’est jamais émerveillé des angles de vue spectaculaires qu’offrent les drones dans de magnifiques reportages ?
  • Le survol de parcelles agricoles afin d’optimiser le traitement et de repérer les maladies. Après, il n’y a plus qu’à télécharger les données dans les machines agricoles pour qu’elles épandent la quantité exacte de produit à l’endroit qu’il faut. A 26 000 € la machine, elle a intérêt à être efficace !
  • L’utilisation par les métiers de l’industrie ou du bâtiment pour inspecter les ouvrages ou immeubles difficilement atteignables par des humains ou des hélicoptères
  • Livraisons de colis (un jour ?)

Livraisons par drone Amazon

Drones : quid de la législation ?

Reste à mettre en place des cadres réglementaires pour le développement sécurisé de ces nouvelles pratiques. La France est en pointe dans ce domaine depuis un arrêté de 2012 (pour une traduction de ce charabia juridique, lisez cet article).

En quelques mots, pour les appareils de catégorie A (moins de 25 kg et dépourvus de caméra), la loi reste permissive car les seules obligations sont de garder un contact visuel avec le drone (ça peut être utile !) et ne pas dépasser 500 pieds (150 mètres) d’altitude. Elle impose également de ne pas le faire voler au-dessus d’une agglomération, d’un rassemblement, d’un aérodrome ou d’un espace aérien «spécifiquement réglementé»…  ce qui inclut bien sûr celui des centrales nucléaires : et je parle des centrales parce que justement la question pose problème en ce moment.

Là où ça se corse, c’est quand le drone est équipé d’une caméra. La loi ne fait plus de distinction entre l’usage personnel et l’usage professionnel et indique que des demandes d’autorisations devront être déposées en Préfecture et auprès de la Direction Générale de l’Aviation Civile… Pratique ! Imaginez devoir demander une autorisation à chaque fois que vous souhaitez utiliser votre joujou !

Fastidieux et absurde en même temps car une machine de 2 kg avec une caméra est potentiellement moins dangereuse que celle qui pèse 24kg !

A bon entendeur, il vaut mieux avoir une grande propriété privée pour pouvoir faire tranquillement voler son drone 😉 D’ailleurs, j’y retourne…  Bonne journée !

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4 pensées sur “Révolution des drones : prenez un peu de hauteur

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