Quelles seront les maladies de demain ?

Si la peste, le choléra, la variole, la tuberculose et toutes les autres joyeusetés de ce genre ont fait de leur mieux pour pourrir la vie des hommes pendant des siècles (et encore aujourd’hui dans certaines parties du monde), il semblerait qu’une nouvelle génération de maladies fasse bientôt son entrée sur le marché. Et vu comme c’est parti, il y a de fortes chances qu’on termine tous dingues avant d’être morts. Zappite, robophobie, virtualisme ou pollucondrie : et vous, de quoi souffrirez vous ?

Nos drôles de maux d’aujourd’hui

Avant, on se cassait le dos à coups de pioches lorsqu’on bossait dans les champs 12 heures par jour. Aujourd’hui, c’est à coups d’écrans. Passer 8h par jour derrière un écran au bureau et c’est parti pour développer des troubles musculo-squelettiques (TMS), qui représentent tout de même 80% des causes d’arrêts de travail…

Mais il y a plus grave. Prenons l’exemple du Smartphone. Nous regardons cet objet en moyenne 150 fois par jour (soit l’équivalent d’environ 1 h20). Et là, c’est le cou qui trinque. Car pencher la tête pour écrire ses textos ou jouer à Candy Crush augmente la pression sur les vertèbres cervicales : une tête penchée pèse en effet plus lourd qu’une tête droite dont le poids est naturellement réparti sur la colonne vertébrale. Une légère inclinaison de 15° vers l’avant suffit ainsi à faire doubler la masse qui pèse sur les cervicales… ce qui, à long terme, peut conduire à une usure ou une déchirure. Et ça, bien évidemment, personne n’en parle.

Autre exemple, psychologique celui-là : la « nomophobie« . Il s’agit de la peur d’être séparé de son téléphone portable. Les personnes souffrant de cette phobie sont soumis à un stress intense lorsque leur téléphone n’est pas à proximité. Pourquoi ? Parce que le téléphone portable est devenu « une extension de nous-même », explique Russell Clayton, chercheur à l’université du Missouri. D’après lui, le téléphone serait pour nous un peu comme  le sonar de certains animaux, si bien que privée de son mobile, la personne souffrant de nomophobie aurait l’impression de perdre une part d’elle-même… (si vous vous reconnaissez dans cette description, il est temps de commencer une cure de désintoxication de vous-même).

Les maladies de demain

Mais d’autres maladies d’un genre nouveau pourraient bien venir compléter ces cas. Anne-Caroline Paucot, fondatrice du site La Santé Demain, s’est en effet interrogée sur les évolutions de notre santé et sur l’impact de nos modes de vie et des nouvelles technologies sur notre santé du futur. Et voici plusieurs pathologies qui pourraient peut-être un  jour venir polluer nos corps et nos cerveaux.

1. Le binarisme.

Il concernerait les gens qui souffrent d’une « informatisation de leur personnalité« . En clair : ceux qui, comme les machines, ne se limitent qu’à des réponses binaires du type « oui/non », « ouvrir/fermer », « continuer/annuler ». Un peu comme Terminator : « tuer Sarah Connor/pas tuer Sarah Connor ».

Terminator smile goes away gif frown T2 Arnold Schwarzenegger Imgur

2. La zappite.

Parce qu’Internet nous fait sans cesse zapper d’un site à l’autre, d’un lien à l’autre, d’une information à l’autre, l’absence de ces multiples sollicitations pourraient provoquer des crises d’ennui et de dépression. En gros, si tu ne zappes pas, tu t’ennuies tellement que tu pètes un plomb.

3. Le zombiquisme.

Le syndrome des individus présents physiquement mais mentalement absents. Ils ne pourraient communiquer qu’avec ceux qui sont loin… Et là pour le coup, ce n’est pas de la science-fiction car ce type de pathologie existe déjà : ceux qui en soufrent s’appellent les Hikikomori. Ils se retirent complètement de la société, évitent tout contact avec le monde extérieur, s’isolent de toute communication directe avec des êtres humains… sauf via Internet où  tout est (théoriquement) anonyme.

4. L’augmentalisme.

Cette psychose serait liée à l’impression de ne pas être assez augmenté (du point de vue des implants et pas de votre salaire hein!). En effet, les nouvelles technologies visent de plus en plus à modifier la manière dont l’homme, son corps et son cerveau interagissent avec leur environnement. A coups de puces électroniques, d’implants bioniques, de prothèses sensibles et de bio-impression en 3D, l’homme souhaite non seulement vaincre la maladie et la mort mais aussi devenir plus fort/intelligent/jeune/connecté (coucou les transhumanistes!) Du coup, face à cette tendance, certains individus pourraient développer l’impression de n’en avoir jamais assez (coucou les capitalistes!) et ce manque de « toujours plus haut, plus fort, plus vite » (coucou Extrême Limite) pourrait provoquer des psychoses plongeant les malades dans un grave déni d’eux-mêmes.

5. Le virtualisme.

Qui n’a jamais entendu d’experts arguant que les jeux vidéos peuvent pousser les gens à ne plus distinguer vie réelle et vie virtuelle ? Eh bien, le virtualisme c’est ça : c’est de ne plus réussir à faire la différence entre le monde physique et l’univers virtuel, à cause du temps passé sur les jeux vidéos. Les personnes souffrant de ces troubles se mettent ainsi se comporter comme leurs avatars dotés de super-pouvoirs : ils se jettent par la fenêtre pensant pouvoir voler, ou se mettent à conduire leur voiture comme dans GTA…

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6. Le métalisme.

Aujourd’hui nous sommes allergiques au gluten ou aux arachides. Demain nous serons allergiques aux implants et prothèses métalliques. Inflammations, douleurs, intoxications et pourquoi pas courts-circuits : pas impossible que notre corps ne rejette notre nouvelle cage thoracique en titane ou notre prothèse de hanche en métal.

7. La pollucondrie.

Bon, ça, c’est comme le métalisme, ça existe déjà en fait : ce sont les maladies provoquées par la pollution. Bronchite chronique, asthme, cancers, AVC, infarctus… les pollutions, quelles qu’elles soient, ont des effets dévastateurs sur notre organisme. On compterait d’ailleurs plus de 7 millions de morts par an dans le monde à cause de la pollution (dont la moitié à cause de la pollution atmosphérique).

Je pourrais également vous citer la bigorexie (dépendance excessive aux activités sportives), la dénanite (dysfonctionnement des nanomédicaments) ou encore la robophobie (la peur incontrôlée des robots), mais je vous ai gardé le meilleur pour la fin : l’éternité. Une « pathologie » liée aux progrès de la science et de la médecine qui nous fait vivre plus longtemps… mais avec une vie si ennuyeuse qu’on en mourrait presque de dépression !

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