L’Océan Arctique, décharge de la planète

Quand on pense Océan Arctique, on pense étendues glacées à perte de vue, iceberg, ours polaires, neige d’un blanc pur… et pas cul-de-sac pour les débris plastiques flottant de l’Atlantique. Et pourtant, une étude, publiée dans la revue américaine Science Advances, confirme que les objets et matériaux en plastique sont plus qu’abondants dans les eaux à l’est du Groenland et du nord de la Scandinavie, alors même que ces régions sont très peu peuplées. Comment en est-on arrivés là ?

La destination des déchets

Jeter une bouteille à la mer, le geste pourrait paraître romantique aux yeux de certains. Mais où cette bouteille va-t-elle aller ? C’est la grande question ! Au gré des courants, les déchets vont se promener dans l’océan et s’amonceler dans certaines zones du globe. On pense bien sûr à la gyre du pacifique. Mais c’est également le cas dans l’Océan Arctique, notamment dans les eaux baignant le Groenland et dans la mer de Barents située au nord de la Norvège et de la Russie occidentale.

En 2013, l’expédition Tara Oceans s’est intéressée aux déchets plastiques dans cette zone. Les résultats de leur étude montre qu’il y aurait des centaines de tonnes de déchets et fragments de plastiques flottant à la surface de l’eau, sans compter ce qui se trouve déjà dans les fonds marins.

[A.Deniaud / Tara Expéditions/AFP/Archives]
©[A.Deniaud / Tara Expéditions/AFP/Archives]
En étudiant de plus près certains types de débris dans les échantillons, les chercheurs ont montré que ces morceaux de plastique venaient de très loin, comme par exemple des côtes d’Europe du nord, du Royaume-Uni et de l’est des États-Unis. Ils se sont donc intéressés au chemin que ces déchets avaient pu parcourir pour arriver là. Pour cela, ils se sont servis de  17.000 bouées en avec relais des satellites. Leurs observations ont confirmé que cette pollution vers les régions polaires suivait un courant appelé circulation thermohaline.

La circulation thermohaline, c’est quoi ?

Il faut d’abord savoir que les eaux des océans ne sont pas homogènes : elles sont plus ou moins chaudes selon les zones géographiques. Ainsi, les eaux chaudes de l’équateur remontent vers les pôles où elles arrivent refroidies. Ces eaux froides et salées, plus denses et donc plus lourdes, vont alors couler sous les eaux plus chaudes ou peu salées, pour repartir ensuite dans la direction inverse, vers l’équateur.  C’est ça la circulation thermohaline (également appelé phénomène « tapis roulant »).

Selon l’étude de l’expédition Tara, les débris de plastique flottant dans l’Arctique représenteraient actuellement moins de 3% du total mondial mais pourraient continuer à augmenter à cause de ce courant marin qui circule dans le monde entier.

Les océans, réservoirs et distributeurs de chaleur© L'esprit Sorcier
Les océans, réservoirs et distributeurs de chaleur© L’esprit Sorcier

110 millions de tonnes

Actuellement, les scientifiques pensent qu’il pourrait y avoir jusqu’à 110 millions de tonnes de déchets en plastique dans les océans. Il faut dire qu’à un rythme estimé à 8 millions de tonnes, déversées chaque années dans les océans du monde entier, on n’a pas fini de manger du plastique…

D’ailleurs, pour rappel, voici un condensé explicatif de ce que tout ce plastique peut faire subir à la nature.

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