Les femmes enceintes, trop exposées aux métaux et aux polluants

Si certains doutaient encore que l’homme s’empoisonne de plus en plus en empoisonnant son environnement, voici la preuve qu’il est tant de se réveiller… Une étude publiée par Santé publique France montre que les femmes enceintes françaises sont surexposées à l’arsenic et le mercure. En cause : la consommation de produits de la mer, particulièrement contaminés par de nombreux polluants.

Polluants organiques et métaux : un cocktail détonant

46388789_mL’étude a été menée sur un échantillon de plus de 4000 femmes ayant accouché en 2011 en France. Les prélèvements ont été réalisés, au moment de l’accouchement, sur le sang du cordon, les cheveux, les urines et le sérum.

Et là, combo gagnant : les premiers résultats montrent la présence de polluants organiques – bisphénol A, phtalates, PCB, composé perfluorés, pesticides. La deuxième salve de résultats n’est pas plus reluisante : le plomb, le cobalt et l’arsenic, par exemple, ont été retrouvés chez 100% des femmes et nouveaux-nés. Le mercure est lui présent chez 91% des femmes.

Au total, treize substances ont été dosées : arsenic, cadmium, chrome, nickel (tous classés cancérogènes certains), le vanadium (cancérogène probable), le mercure, l’antimoine et le cobalt (cancérogènes possibles) ainsi que l’aluminium, le césium, l’étain, le plomb et l’uranium. A l’exception de l’uranium, tous ces métaux ont été retrouvés chez pratiquement toutes les femmes de l’échantillon !

Les produits de la mer en cause

Comparé aux autres pays, les femmes enceintes en France sont plus imprégnées au mercure et à l’arsenic. Comment l’expliquer ? Cela pourrait en partie être dû aux différences de comportements alimentaires, à savoir que l’on consomme plus de produits de la mer en France que dans la plupart des autres pays européens.

poissonSelon l’étude « la principal contributeur de l’exposition des femmes enceintes françaises au mercure organique est la consommation de produits de la mer et plus précisément de poissons, coquillages et crustacés« . Même constat pour l’arsenic, substance très utilisée dans le domaine de l’agriculture ou de l’industrie, et qui, comme le mercure, finit son chemin dans les océans…

Pour confirmer ce lien entre contamination à l’arsenic et consommation de poisson, les femmes de l’échantillon ont dû répondre à un questionnaire sur leurs habitudes alimentaires. Et il en ressort que les « concentrations d’arsenic dans les urinaires des femmes enceintes augmentant avec la consommation de produits de la mer ».

Plus largement, c’est la population française entière qui est exposée à cette surimprégnation de mercure et d’arsenic. Mais pour la femmes enceintes, toute la question est de savoir quels sont les effets de cette contamination sur leurs enfants. Et ça, dans l’immédiat, il est encore trop tôt pour le dire.

La solution ? Ne plus manger de poisson ?

©futura-sciences
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Le poisson et les produits de la mer en général apportent des acides gras et des éléments, comme le sélénium, qui sont bons pour la santé. Le problème, c’est que les poissons sont particulièrement contaminés par la pollution des océans. Notamment ceux qui sont en bout de chaine alimentaire, comme le thon ou l’espadon, la daurade ou la lotte, et qui sont très contaminés par le mercure. Les fruits de mer, eux peuvent être particulièrement touchés par la contamination aux PCB car ils filtrent l’eau de mer et les microplastiques qu’elle contient. Microplastiques eux mêmes bourrés de substances nocives...

Une étude publiée en 2016 par l’Ifremer montre par ailleurs « qu’après deux mois d’exposition aux microplastiques, les huîtres produisaient moins d’ovules et ceux-ci étaient de plus petite taille. De même, leurs spermatozoïdes étaient nettement moins mobiles comparés à ceux des huîtres mises dans des bassins sans microplastiques ». Si ces polluants sont capables de modifier les caractéristiques sexuelles des huîtres en deux mois, on se demande bien quels sont les impacts que cette huître contaminée peut avoir sur nous lorsqu’elle termine dans notre assiette…

Du coup, le programme national nutrition santé préconise déjà de limiter sa consommation de poisson à deux portions par semaine. Ou alors de varier les types de poissons, en alternant poissons gras et poissons maigres, les maigres (sole, bar, turbot, morue ou maquereau) étant peu chargés en métaux lourds pour la raison simple que leur chair contient moins de gras, et de varier les provenances pour ne pas être toujours exposés aux mêmes polluants.

Pas très réjouissant tout cela !

Pour en savoir plus sur la contamination des poissons au mercure.

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