Il y a de l’eau liquide sur Mars !

De l’eau liquide sur Mars ! C’est la grande nouvelle qui a été annoncée par la NASA hier, lundi 28 septembre. Bon, c’est pas comme si on s’y attendait un peu : c’était soit ça, soit la détection d’une forme de vie extraterrestre (et là, faut quand même pas pousser)… Mais quand même ça fait quelque chose !  Du coup, la question que vous devez sans doute vous poser c’est : et qu’est ce que ça peut bien nous faire ?

Ce à quoi je vous dirais que de l’eau LIQUIDE sur Mars, c’est un peu comme dire « l’hypothèse que la vie est possible sur cette putain de planète toute sèche devient envisageable. » ET OUAI. Là ça commence à devenir intéressant.

De l’eau liquide sur Mars

De l’eau liquide, on supposait qu’il y en avait eu il y a longtemps sur Mars : la planète rouge aurait eu au moins un océan dans son hémisphère nord, évaporé il y a plusieurs milliards d’années.

On sait aussi qu’aujourd’hui, de l’eau est présente sous forme de glace au niveau des pôles. On soupçonne même la présence de glaciers sous la poussière martienne.

Mais de l’eau liquide, pour l’instant, on en avait que des indices … L’un des phénomènes les plus « prometteurs » (si on peut dire), c’était les « Recurring Slope Lineae » (RSL), ou « lignes de pente récurrentes« . Ces lignes sombres, mesurant 50 cm à 5 m de large, détectés en 2011 par l’un des instruments de la sonde Mars Reconnaissance Orbiter, apparaissent chaque année au printemps. Elles s’étendent vers le bas des pentes des montagnes et apparaissent quand la températures passe au-dessus de la barre des -20°.

Lignes de pentes récurrentes - eau liquide sur Mars
Crédit image : animation montrant les « lignes de pente récurrentes » prises par la caméra HiRise de Mars Reconnaissance Orbiter (Nasa/JPL-Caltech/Univ. of Arizona)

Il n’y avait plus qu’à démontrer qu’il s’agissait bien d’eau, et c’est chose faite. Enfin, de « l’eau liquide »… c’est un bien grand mot ! Il s’agit en fait de saumure, un genre de bouillie dégueu qui mélange de l’eau, beaucoup de sels (chlorate et perchlorate de magnésium et de perchlorate de sodium), et de la poussière.

Les caractéristiques de cette bouillie ont été analysées grâce aux données récoltées par la sonde Mars Reconnaissance Orbiter. Celle-ci a détecté la présence de sels hydratés à différents endroits de la planète :  » des preuves » de la présence d’eau sur la planète. Pour être plus précis, « ce que le spectromètre a analysé, ce ne sont pas les coulées liquides elles-mêmes, précise Marion Massé, du laboratoire Planétologie et géodynamique (université de Nantes-CNRS), cosignataire de l’article, mais la signature des sels une fois l’eau évaporée. »

Le mécanisme en jeu serait le suivant : les chlorates et perchlorates présents dans le sol martien agiraient comme les sels utilisés sur les routes pour prévenir le verglas. Ils absorberaient l’humidité présente dans l’atmosphère de Mars en quantité suffisante pour alourdir le sol et entraîner un écoulement lent sur des pentes dépassant les 30° d’inclinaison.

N’imaginez donc pas des ruisseaux, lacs et fleuves sur Mars. La présence d’eau liquide sur cette planète s’apparente plus à un marécage boueux voire un sol-spongieux-cousin-éloigné-des-sables-mouvants qu’à de fières rivières dévalant les pentes du mont Sharp.

Mars
Nasa

De l’eau liquide = la vie ?

Ne nous emballons pas : trouver de l’eau liquide ne veut pas dire que nous allons trouver des preuves de vie extraterrestre dans le quart d’heure. C’est même assez peu probable d’en trouver sur Mars dans la mesure où la planète rouge ressemble à un vaste désert sec, très froid et bombardé de radiations cosmiques tellement puissantes qu’elles pénètrent jusqu’à 1m sous la surface. Arf.

Bon, on trouve sur Terre des bactéries et même des êtres vivants qui survivent dans des conditions extrêmes (avez-vous déjà entendu parler des tardigrades ?) mais de là à trouver des bestioles qui aient survécu depuis plusieurs milliards d’années aux conditions (très) difficiles de cette planète, c’est (très) optimiste.

Malgré tout, l’eau liquide constitue, pour les scientifiques, la première condition requise pour espérer trouver une source de vie. C’est donc une découverte plus que positive ! Et si des bactéries , résistant à l’environnement désastreux de Mars, étaient découvertes un jour, cela voudrait dire que « partout où il y a de l’eau, la vie peut émerger et pourrait donc être abondante dans la galaxie« , selon François Forget, directeur de recherche au CNRS.

De l’eau liquide sur Mars : qu’est ce que ça va changer ?

THE MARTIAN
Extrait du film Seul sur Mars

Eh bien, ce serait d’abord un avantage précieux pour une future expédition martienne constituée d’humains. Pour la NASA, l’eau pourrait être traitée pour la consommation humaine. Et disposer de cette ressource sur place, c’est ça de moins à emmener dans les bagages.

MAIS (je le mets en gros parce que c’est super important), c’est aussi le risque de contaminer la planète et ses possibles formes de vie avec des bactéries en provenance de la Terre ! En effet, qu’on envoie des hommes ou du matériel, nous sommes tous plein à craquer de micro-organismes.

Du coup, le rover d’exploration Curiosity, sur place, est catégoriquement interdit d’approcher de la région, afin d’éviter toute contamination par des micro-organismes Terriens. Cette précaution, appelée « protection planétaire« , est essentielle à la préservation des astres que nous visitons.

Idem pour les prochaines missions en partance pour Mars : il faudrait que les robots soient parfaitement stérilisés pour aller se promener dans les zones où de l’eau liquide a été repérée… et la stérilisation, ça coûte cher (en plus de ne pas forcément être 100% sûre). Imaginez que, dans quelques dizaines d’années, des explorateurs de la planète Mars découvrent des bactéries martiennes pour finalement se rendre compte qu’elles ont été amenées là par … eux-mêmes. Ce serait la loose.

Bref. En attendant, plusieurs missions sont d’ors et déjà prévues pour aller visiter la planète rouge (Exomars en 2018 et Mars 2020 en … 2020) et leur mission sera entre autres de rechercher des traces de vie passée. Même si ça date de 3 milliards d’années, ça serait tout de même vachement excitant !

 

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