Gravity, un film à couper le souffle (1/2)

Epoustouflant, ahurissant, extraordinaire, démentiel… A la sortie de la salle de cinéma, ce sont les seuls mots qui me viennent à l’esprit pour décrire Gravity. Et encore, je suis objective.

Avec Gravity, on en prend plein les yeux tout de suite. C’est ce que j’appelle du VRAI cinéma. Confortablement installés dans un fauteuil molletonné de la salle de projection, vous avez l’impression de flotter dans l’espace en compagnie de Georges Clooney et Sandra Bullock, avec une vue sur Terre absolument saisissante. Puis les ennuis arrivent, et là, vous n’avez qu’une une peur : que les héros ne s’en sortent pas, parce que, mine de rien, vous êtes un peu avec eux. Et la 3D y est vraiment pour quelque chose.

Ce film « survival » est à la fois majestueusement filmé, très bien joué et surtout, pour une fois, les incohérences scientifiques, sont peu nombreuses (à tel point que je les ai quasiment oubliées en regardant le film !)

Extrait Gravity
© Warner Bros Pictures

 

Le pitch

L’histoire démarre avec un long plan-séquence incroyable, fluide malgré les acrobaties des personnages, à 600 km d’altitude. Avec la Terre – superbe ! – en arrière plan, on y découvre l’équipage de la navette Explorer réparer le télescope spatial Hubble. Sandra Bullock, spécialiste en ingénierie médicale, et petite nouvelle des voyages dans l’espace, installe tranquillement un nouveau scanner hyper sophistiqué sur le télescope, tandis que Georges Clooney, vieux routard du vide interstellaire l’accompagne en faisant le pitre, pour son dernier voyage avant sa retraite.

Malheureusement pour eux, le drame ne tarde pas à se pointer : une pluie torrentielle de débris spatiaux issus de la destruction d’un satellite russe fonce droit sur eux. Commence alors un long voyage pour survivre et tenter de rentrer sur Terre.

Les deux personnages, livrés à eux-mêmes, seuls (face) au monde, se retrouvent à devoir affronter plus d’un danger : l’absence de repères en apesanteur, le manque d’oxygène, les débris spatiaux qui, sur le même orbite, reviennent inlassablement… et bien sur, les problèmes techniques qui, dans l’espace, prennent une telle ampleur qu’on se promet à soi-même de ne plus jamais crier après une imprimante qui déconne.

Les technologies du tournage

Ce film est une prouesse. Il réussit à donner l’impression qu’il a été tourné dans l’espace alors que, vous vous en doutez, ce ne fut pas le cas ! Pour le réalisateur, Alfonso Cuaron, il a d’ailleurs fallu attendre quatre ans pour que les technologies, en termes de photographie et d’effets spéciaux, soient assez performantes pour faire le film !

La Light Box. Parmi ces technologies, on trouve la « Light Box », utilisée par les équipes de Gravity pour rendre compte de la gravité « zéro ». Il s’agit d’un cube aux parois extérieures constituées de panneaux, eux-mêmes recouverts de toutes petites lampes LED. Le cube était, comme les caméras fixées sur des bras robotisés, relié à un système de rotation dirigé par ordinateur. Cela a notamment permis d’obtenir une lumière parfaite dans la scène où Ryan est propulsée dans l’espace.

gravity : Light Box
Light Box

La poupée de chiffon. Pour les animateurs virtuels, la tâche n’a pas été aisée non plus. Eux qui ont l’habitude que le mouvement d’un objet soit déterminé par son poids, dans l’espace, il fallait revoir leurs lois de la physique ! Pour cela, ils ont  fait appel à un outil baptisé « simulateur de la poupée de chiffon » : en clair, une poupée de chiffon virtuelle est envoyée dans l’espace virtuel. Cela permet de simuler les mouvements du corps humain dans un environnement sans pesanteur.

Anecdote. Les casques des combinaisons portées par les acteurs ne comportaient pas de vitre ! Il a fallu les créer par ordinateur, tout comme la buée qui apparait dessus lorsqu’ils respirent !

Gravity : les acteurs avec leurs combinaisons

Les décors. Dans le film, tous les décors (sauf la capsule Soyouz, qui a été entièrement recréée), sont des images de synthèse. Les animateurs ont eu accès aux documents de la NASA, films et vidéos, pour reproduire un décor hyper réaliste au film. Malgré tout, difficile de s’imaginer que lorsque Clooney nous sort « C’est magnifique n’est ce pas ? L’aurore… » devant ce décor à couper le souffle qu’est la Terre,  il a dit ça dans un studio, suspendu au bout d’une corde !

Les câbles. Les acteurs quant à eux, n’ont jamais eu à jouer dans un environnement en apesanteur. Pendant tout le tournage, ils étaient comme des marionnettes, reliés à un système complexe de câbles et de grues robotisées (comme celles utilisées dans l’industrie automobile), leurs permettant de se mouvoir en dans l’espace. Six câbles étaient attachés à leurs épaules, six autres à la taille, de chaque côté, pour éviter l’effet de balancier. Les grues elles ont permis de faire pivoter les acteurs à divers degrés.

Gravity : Système de grue et câbles reliés par ordinateur.
Système de grue et câbles reliés par ordinateur.

Pour en savoir plus sur les effets spéciaux du film : http://www.digitaltrends.com/movies/gravity-director-alfonso-cuaron-on-how-to-creatively-fake-zero-gravity/

Pour découvrir les fondements scientifiques du film, ne ratez pas la suite de cet article : Gravity, cohérent scientifiquement ?

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