D’où vient notre calendrier ?

Parce que c’est la nouvelle année (Bonne Année !!!) et que je me pose toujours des questions étranges, voici la dernière de mes interrogations : pourquoi le 1er janvier est-il le premier jour de l’année (et pas le 24 juillet par exemple) ? Et d’où vient ce décompte du temps que l’on appelle calendrier ?

Pourquoi mesurer le temps ?

En voila une bonne question ma petite dame ! En fait, le décompte du temps est un élément indissociable de l’évolution de l’homme et de la nature. Les saisons passent et chacune d’entre elles apporte son lot de changements. Le décompte du temps s’est fait naturellement par les saisons à partir du moment où l’homme a décidé de cultiver son petit potager tranquille. Et au fur et à mesure que la vie en société s’est établie et que la religion a fait son entrée, le découpage du temps est devenu indispensable à la fois sur le court et le long terme, afin de déterminer les fêtes religieuses et les moments de prière.

Les instruments de mesure se sont peu à peu développés, devenant de plus en plus élaborés, du cadran solaire à la clepsydre, du sablier à l’horloge puis la montre…

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Ceci est une clepsydre.

Et la mise en place de ce systèmes complexe de découpage du temps ne s’est pas fait sans couacs. Saviez-vous qu’à l’origine de notre calendrier actuel  se trouve ce qu’on pourrait appeler un « no man’s time » ?  En 1582, 11 jours ont littéralement sautés : les journées entre le 4 octobre et le 15 octobre 1582 n’ont tout simplement pas existé. Les gens se sont couchés le soir du 4 et se sont réveillés le matin du 15. Et il ne s’agit pas d’une facétie de Doc Emmett Brown (Retour vers le futur inside) mais d’un autre vieux chauve à lunettes : le pape Grégoire XIII.

D’où vient notre calendrier grégorien ?

Si les 10 jours d’octobre 1582 ont disparu du temps, c’est parce que l’ancien calendrier utilisé, le calendrier julien (du nom de ce vieux Jules César) n’était comme qui dirait plus aux normes.

Établi par l’astronome Sosigène et mis en place en 45 av JC, le calendrier julien comptait une moyenne de 365,25 jours par an. Le problème, c’est que l’année tropique (qui correspond à une révolution complète de la Terre autour du soleil) dure 365,24219… et ça change tout ! Du coup, un léger décalage s’est formé au fur et à mesure des années (11 minutes environ tous les ans), au point de voir un gap de 10 jours 1000 ans plus tard !

Dans l’absolu, le péquenot moyen de cette époque n’en avait pas grand chose à carrer. Mais pour l’Eglise, qui régissait tout, ça compliquait grandement la mise en place chaque année du calendrier liturgique. En effet, la date de l’équinoxe de printemps décalée de 10 jours avec l’équinoxe « normale », la date de Pâques dérivait elle aussi (entre autres). Pour éviter à ce joyeux bordel de continuer, le pape Grégoire XIII a décidé de squizzer 10 jours de calendrier pour rattraper le retard et d’intégrer une nouvelle variable à la méthode de calcul.

Gregoire XIIILa journée bissextile ajoutée tous les 4 ans (comme c’était déjà le cas sur le calendrier julien) était gardée, sauf pour les années séculaires.  Celles-ci ne deviennent bissextiles que si leur millésime est divisible par 400 (oui, vous pouvez le dire, le mec qui a pondu ça, c’était compliqué dans sa tête). En gros : 1600 et 2000 ont été des années bissextiles mais pas 1700, 1800 et 1900. Une technique qui permet d’aboutir à une année équivalente à 365,2425 jours (soit un décalage de 3 jours tous les 10. 000 ans, ça reste raisonnable). Le calendrier grégorien était né… et c’est celui que nous avons encore aujourd’hui.

Cependant, force est de constater que le changement d’un calendrier à l’autre ne s’est pas fait en un jour (si je puis dire). Les 10 jours « disparus » d’octobre 1582 n’ont concerné que quelques pays : en l’occurrence  l’Espagne, le Portugal, l’Italie, la Pologne, les Pays-Bas. La France, elle, ne l’a adopté qu’en décembre 1582. La Grande-Bretagne, avec son sens notoire de la contradiction, a attendu 1712 car ils préféraient « être en désaccord avec le Soleil, plutôt qu’en accord avec le pape ». AHAHAH. Quelle bande de rebelles.

La Révolution communiste d’octobre… en novembre
Anecdote rigolote : la Russie, de tradition orthodoxe (qui ne reconnait donc pas le pape), n’a accepté le calendrier grégorien qu’en 1918. Ils ont donc gardé un décalage de 10 jours avec le reste de l’Europe jusqu’à cette année là (« cette année là, je chantais pour la première fois…. » ok j’arrête). Ce qu’on appelle la Révolution d’octobre, qui a eu lieu fin octobre1917 en Russie, ne s’est donc pas passée octobre mais en novembre selon notre calendrier actuel !

Le tout premier des calendriers

Savoir à quand remonte le premier des calendriers est une question franchement difficile. Avant notre calendrier grégorien, il y avait donc le calendrier julien, et avant ça le calendrier romain, et le calendrier étrusque, sans parler des calendriers chinois, gaulois, égyptien, maya… BREF.

Parce qu’il est essentiel de pouvoir quantifier le temps et parce que depuis toujours les hommes ont adapté leur mode de vie en fonction des saisons et des cycles, il existe des dizaines de calendriers différents, plus ou moins similaires, en fonction des régions du globe. A cette époque lointaine où on ne voyageait pas des masses, chaque zone géographique avait en effet son propre système de datation.

Le calendrier luni-solaire chinois par exemple fut créé aux environs de 2700 av JC. Et il est resté en vigueur jusqu’en 1929, date à laquelle la Chine a adopté le calendrier grégorien (malgré tout, la tradition du nouvel an chinois perdure !) Les Égyptiens eux aussi avaient leur calendrier, calqué sur les crues et décrues du Nil, tout comme les Gaulois et leur calendrier lunaire.

Calendrier gaulois de ColignyMais celui qui me paraît tout particulièrement intéressant est le calendrier Maya. Sans doute l’un des plus anciens et des plus précis jamais élaborés. En fait, il y avait deux calendriers pour structurer la vie des Mayas :   le tzolkin, calendrier rituel et religieux de 260 jours et le haab, calendrier civil de 365 jours, qui comportait dix-huit mois de vingt jours chacun, plus cinq jours additionnels . Ces deux calendriers se synchronisent toutes les 52 années solaires. Ils étaient calqués sur les cycles solaires ET lunaires. En établissant un parallèle avec notre calendrier actuel, l’an 0 du calendrier Maya correspondrait à 3114 av JC, bien que certains paléoanthropologues le fasse remonter à 5 millions d’années avant notre ère.

En effet, les Mayas, qui voyaient franchement plus loin que le bout de leur nez, avait établi un système de datation appelé « compte long » afin de dater les éléments préhistoriques. Contrairement à nous, qui établissons des dates à partir du jour/mois/année, les Mayas indiquaient non seulement le jour (kin), le mois (winal), l’année (tun) mais aussi des cycles plus longs : le katun (=20 tuns) de 7200 jours, le baktun (=20 katuns) soit 144 000 jours, etc. Et tout cela va jusqu’au hablatun, un cycle estimé à 1 milliard d’années. Balèzes les mecs.

Un petit mot sur la fameuse « fin du calendrier Maya en décembre 2012 » et qui a fait couler tellement d’encre. Non le calendrier Maya ne s’est pas arrêté à cette date, il s’agissait juste de la fin d’un cycle (période de 13  baktuns soit environ 5200 ans). D’ailleurs la découverte en 2010 de peintures murales et de murs recouverts de calculs établissent qu’on a encore (au moins) 7000 ans devant nous.

Et le 1er janvier dans tout cela ?

Eh oui, après mes théories farfelues, je n’ai toujours pas abordé l’essentiel : pourquoi le 1er janvier est le premier jour de l’année ?

Réponse simple : parce que le roi l’a dit. En effet, le 9 août 1564, le roi Charles IX impose par l’Edit de Roussillon, le 1er janvier comme premier jour obligatoire de chaque année. La mesure prend effet au 1er janvier 1567 (parce qu’à l’époque, Twitter n’existe pas, et qu’il faut un peu de temps pour diffuser l’info).

Avant cette décision importante, le premier jour de l’année était déterminé un peu à la tête du client : si dans les années 500, l’Eglise souhaite faire du 1er janvier le premier jour de l’année (car il suit de peu la naissance du Christ), tout le monde adapte la mesure à sa sauce. Ainsi, en fonction des régions, on fête le nouvel an le jour de Noël, ou le 1er janvier, ou carrément à Pâque (ce qui pose problème vu que le lundi de Pâque ne tombe jamais le même jour d’une année à l’autre…) Du coup, c’est quand même bien d’avoir mis un peu d’ordre dans tout ce bordel.

 

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