Disparition des dinosaures : l’astéroïde ne pouvait pas plus mal tomber

Il y a 66 millions d’années, la Terre vivait l’une des plus grandes extinctions de masse de son histoire : 75% des espèces marines et terrestres rayées de la carte, et parmi elles, les fameux dinosaures. La faute à la chute d’un astéroïde de 10 km de long dans la péninsule du Yucatan, au Mexique, qui a provoqué une véritable apocalypse. Et pourtant, une récente étude suggère que cet astéroïde n’avait qu’une chance sur dix de provoquer un cataclysme d’une telle ampleur…

Imaginez une nuit permanente. Un nuage noir assez épais pour occulter les rayons du soleil pendant une longue période. Plus de lumière, plus de photosynthèse : les plantes se meurent, bientôt suivies par les herbivores puis les carnivores… Tout un écosystème qui s’écroule. Ce scénario de fin du monde retrace les dernières heures – ou plutôt années ! – des dinosaures et de nombreuses autres espèces du Crétacé. Mais l’issue aurait pu être bien différente, et les dinosaures peut-être encore vivants aujourd’hui, si l’astéroïde était tombé ailleurs sur notre planète !

« L’emplacement de l’impact a changé la face du monde »

w_chicxulub-0153Une étude publiée dans la revue Scientific Reports montre en effet que l’astéroïde a frappé la Terre au pire endroit possible, là où de vastes réservoirs d’hydrocarbures étaient cachés sous une mer peu profonde. L’impact a produit une explosion équivalente à 10 milliards de bombes atomiques, incendiant tout à des centaines de kilomètres à la ronde, y compris les stocks d’hydrocarbures présents à cet endroit. En brûlant, ils ont engendré un gigantesque nuage toxique de suie qui s’est diffusé dans la haute atmosphère tout autour de la Terre, bloquant les rayons du soleil. Le nuage a ainsi provoqué un refroidissement global de la Terre – entre 18 et 29 degrés Celsius en dessous des températures de cette époque –  menant à l’extinction que l’on connait.

« Seulement 13% de la surface de notre planète contenait assez d’hydrocarbures pour provoquer une extinction de masse comme celle-là », expliquent les auteurs de l’étude, Kunio Kaiho et Naga Oshima de l’Université de Tohoku au Japon. Les chercheurs ont estimé que la quantité de carbone relâchée dans l’atmosphère avait été phénoménale : entre 230 et 2300 millions de tonnes !

« Si l’astéroïde avait frappé ailleurs, dans une zone contenant moins d’hydrocarbures, où dans un endroit où l’océan était plus profond, le refroidissement du climat aurait été beaucoup plus faible. L’emplacement de l’impact a changé la face du monde. »

Les auteurs soulignent également que même si le nuage de suie issu de la collision avec l’astéroïde a été déterminant, les dinosaures étaient déjà en mauvaise posture : des recherches précédentes avaient montré que ces créatures préhistoriques étaient déjà affaiblies par le manque de biodiversité, et qu’elles auraient peut-être survécu à l’astéroïde si elles avaient été plus robustes au moment de l’impact.

Une autre hypothèse ?

8eee8d98fe_20815_1195-asteroide-pantolichUne autre étude, publiée dans le Geophysical Research Letters, pointe également l’importance de l’emplacement de l’impact dans l’extinction de masse qui a suivi. Mais pas pour les mêmes raisons. D’après Sean Gulick, géophysicien à l’Université du Texas et un des auteurs de cette étude, il n’y avait pas assez d’hydrocarbures dans la péninsule du Yucatan pour provoquer un tel cataclysme. Ce qui a plutôt posé problème, c’est la présence de composés soufrés dans le sol. Lors de la catastrophe, de grandes quantités de soufre auraient ainsi été libérées très haut dans l’atmosphère, avec un effet contraire aux gaz à effet de serre : réfléchissant la lumière, il aurait provoqué un refroidissement global de la Terre.

Pour libérer une telle quantité de ce gaz, il fallait que l’astéroïde frappe une mer peu profonde et un sol riche en roches sédimentaires : c’est-à-dire un endroit juste comme celui où il a effectivement frappé, dans la péninsule du Yucatan !

Quant à la présence de suie en grande quantité, elle aurait été produite lors des incendies de forêts qui ont suivi le crash partout sur la planète – et pas du tout de la combustion des hydrocarbures… Mais avec un même effet : bloquer les rayons du soleil et contribuer encore plus au refroidissement de la planète.

Dans tous les cas,  « les dinosaures n’ont vraiment pas eu de chance ! », comme le résument les auteurs de l’étude du Scientific Reports. Mais nous oui : en disparaissant, ils ont laissé le champ libre au développement des mammifères, nos ancêtres…

 

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