Devenez chasseur d’astéroïdes pour la NASA

Chasseur d’astéroïdes : je suis sûre que c’est le job que vous avez toujours rêvé de faire ! Eh bien la NASA vous invite à réaliser votre rêve… Mais attention, l’offre n’est pas accessible à tous (il ne s’agit pas de se munir d’un lasso…) : elle s’adresse aux informaticiens. 35000$ à la clé pour ceux qui seront capables d’améliorer les algorithmes de détection d’astéroïdes.

NASA Asteroids Grand Challenge
http://www.topcoder.com/asteroids/

C’est quoi un géocroiseur ?

Je ne sais pas vous, mais j’ai toujours été fascinée par les films de fin du monde où la Terre se fait pulvérisée par une catastrophe interstellaire. Parmi les classiques du genre, on y trouve les navets Armaggeddon et Deep Impact (dont le nombre d’incohérences frise le ridicule…). Dans ces deux films, des astéroïdes « de la taille du Texas » nous rendent visite… comme ce fut le cas il y a 65 millions d’années, date d’expiration des dinosaures.

objets célestes dans le système solaireAllez voir là : http://www.asterank.com/3d (la carte des astéroïdes est vraiment superbe)

Pour ne pas finir comme nos amis les bêtes à sang froid, la NASA s’efforce de développer des moyens efficaces pour repérer les astéroïdes et comètes errant dans notre système solaire et qui seraient susceptibles de croiser un jour l’orbite de notre planète: ce qu’on appelle les géocroiseurs.

10 000 objets recensés

A ce jour, plus de 10 000 rochers baladeurs, qui pourraient éventuellement nous percuter un jour, ont été détectés par les agences spatiales du monde entier (mais majoritairement par la NASA qui a fait 98% des découvertes).

graphique géocroiseursLeur taille varie de quelques dizaines de centimètres à plusieurs dizaines de km. Bien sûr, plus ils sont gros et faciles à repérer, et plus ils sont dangeureux…

  • entre quelques centimètres et 30 mètres : on estime qu’un géocroiseur commence à devenir problématique lorsqu’il atteint la taille de 30m. Pour comparaison, le bolide qui a explosé au-dessus de la ville russe de Tcheliabinsk l’année dernière avait une taille estimée à environ une vingtaine de mètres, et il a déjà fait pas mal de dégâts. La NASA estime que moins d’1% des géocroiseurs de cette taille ont été détectés.
  •  jusqu’à 140 m : il y en aurait environ 15 000 dans notre système solaire mais seulement 30% ont été repérés . L’un d’eux est passé tout près de nous il y a un an : 2012 DA14. Cet astéroïde d’environ 50 mètres de large  s’est approché à seulement 27 680 km de la surface de la Terre (soit 13 fois moins que la distance Terre-Lune).
  • Plus d’1 km : bon, là, il faut bien l’avouer, ça devient problématique. Et le pire c’est qu’ils représentent environ 10% des géocroiseurs  recensés (soit plus d’un millier).  Leur taille est critique en cas d’impact avec la Terre. Mettons qu’il s’écrase du côté du Mexique (au hasard, Chicxulub, là où le géocroiseur qui a dézingué les dinosaures s’est crashé) : tout serait carbonisé sur des centaines voire milliers de kilomètres autour de l’impact. S’il tombe dans la mer, bonjour le tsunami. Et dans tous les cas, bonjour l’hiver nucléaire (pour ceux qui auront survécu au raz-de-marée/impact/réveil de volcans, etc.)

Pour info, un astéroïde de 10 km qui s’écrase sur Terre, c’est l’équivalent de 300 millions de bombes nucléaires qui explosent au même endroit… Voilà voilà !

Pour l’instant, le plus gros astéroïde connu est 1036 Ganymed (38 km, beau bébé), découvert en 1924.

Le rôle des astronomes amateurs

Malgré les moyens colossaux de la NASA et des autres agences du monde entier, malgré la qualité des images obtenues via leurs télescopes de pointe utilisés pour scanner l’espace, il est évident que qu’ils ne peuvent pas surveiller tout seuls l’immensité de notre système solaire.

C’est pourquoi le rôle des astronomes amateurs est essentiel. En Europe par exemple, l’ESA soutient un certain nombre d’équipes d’astronomes, finançant leurs campagnes d’observation ou leur allouant du temps d’observation sur le télescope de l’ESA implanté à Tenerife dans les îles Canaries. Le bureau leur donne également accès à un certain nombre de données (par exemple les prévisions de trajectoires). Parmi ces programmes, on compte celui de l’IMCCE, un projet espagnol coopératif pour lequel tout le monde est invité à donner un peu de son temps et de son sens de l’observation pour essayer de débusquer de potentiels dangers pour la Terre. Les données sont les photos issues du SDSS (Sloan Digital Sky Survey). C’est ainsi qu’en 2012 des astronomes amateurs ont découvert l’astéroïde 2012 DA14.

Concours : à la chasse aux astéroïdes

Par ailleurs, pour améliorer la détection précoce des petits impacteurs, la NASA a donc lancé un concours (baptisé Asteroid Grand Challenge,) destiné aux informaticiens du monde entier. L’objectif ? Mettre au point des techniques d’analyse automatiques d’images des télescopes pour détecter systématiquement tout ce qui ressemble de près ou de loin à un astéroïde. Je m’explique.

asteroideAujourd’hui, des algorithmes existent déjà : ils ont pour mission de mettre en évidence les « anomalies » cosmiques détectées par les télescopes. En effet, ceux-ci ne se contentent pas de prendre des clichés : ils relèvent quantité d’informations y compris sur les orbites des géocroiseurs déjà connus. Or, quand l’un d’eux dévie de sa trajectoire initiale, il y a fort à parier qu’un autre astéroïde est derrière tout ça. D’où la présence, comme le dit si bien Yoda, d' »une perturbation dans la force ». Le rôle des algorithmes est de pointer ces perturbations qui cachent la présence d’astéroïdes ou de comètes.

Seulement voilà, les programmes de détection actuels ne permettent de suivre qu’à peine 1% des objets qui gravitent autour du Soleil. C’est pourquoi la NASA compte bien améliorer ses algorithmes pour les rendre plus performants… en ayant recours à ce concours d’ingénieurs informaticiens. Une série de marathons du code  se dérouleront jusqu’au 22 août 2014, date à laquelle l’algorithme final sera livré. À la clé, 35 000 $ de prix distribué en récompense au fil des épreuves. Si vous voulez vous lancer, c’est par ici !

Sachez par ailleurs que ce n’est pas la première fois que la NASA fait appel à une aide extérieure : l’an dernier c’était pour optimiser les panneaux solaires de l’ISS !

PS: notons tout de même que la chasse d’astéroïdes ne se fait pas QUE pour le bien être de l’humanité : la société privée d’exploration minière Planetary Ressources est associée au concours. En effet, la détection, la caractérisation et le calcul de la trajectoire des astéroïdes est également indispensable à leur éventuelle future capture à des fins de forage et d’exploitation commerciale…

Pour en savoir plus >> http://www.imcce.fr/promenade/pages5/598.html

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