Comment se brosser les dents dans l’espace ?

Nous en parlions il y a quelques mois, alors que le Globserver n’était encore qu’un petit blog sorti du nid : Chris Hadfield, le tweetos de l’espace, alimentait son fil tweeter de superbes photos de la Terre prise depuis la Station Spatiale Internationale, où il est en orbite depuis début janvier.

Eh bien Chris Hadfield ne fait pas que prendre des photos incroyables. Il fait aussi des vidéos pour parler du quotidien (parfois difficile) des habitants de l’ISS. Une occasion unique dans l’histoire de rendre concrète l’odyssée spatiale ! Sur son compte tweeter, il fait donc part de ses impressions, de ses explications et répond aux questions du public. Toujours avec poésie. Et preuve que la science intéresse : il est désormais suivi par plus de 600 000 personnes !

Le quotidien dans l’espace 

Si vous ne vous êtes jamais posée la question, moi oui : comment font les astronautes pour aller aux toilettes ? Vaste question. Et comment font-ils pour se raser, pour se laver et se brosser les dents? Ce n’est pas parce qu’on est astronaute et qu’on vit en apesanteur au dessus du commun des mortels qu’on n’en est pas moins humain. Alors comment ça se passe concrètement pour effectuer tous ces gestes «terre à terre» … dans l’espace ?

ISS
Station Spatiale Internationale

Chris Hadfield nous montre tout (ou presque) grâce à ses petites vidéos pédagogiques du «bien vivre dans l’espace». Pour se raser par exemple : comment faire pour que les poils ne partent pas en apesanteur, au risque de les respirer ensuite ? Très simple : il suffit de prendre un petit rasoir et d’utiliser un petit aspirateur à côté.

Pour le brossage de dents, c’est un peu plus complexe… Il faut tout d’abord presser une gourde pour faire poindre une minuscule bulle d’eau et laisser les poils de la brosse à dents absorber le liquide. Ensuite, il faut ajouter rapidement quelques grammes de pâte dentifrice standard, et opérer le brossage comme sur Terre. Une fois terminé, pas question de cracher ! Il faudra faire comme étant enfant : c’est à dire avaler le dentifrice ! Avec un peu d’eau pour chasser le goût… «et voilà !» conclut Chris Hadfield !

Et l’astronaute s’en donne à coeur joie sur d’autres sujets : comment dormir dans l’espace, comment cuisiner dans l’espace ou encore comment pleurer dans l’espace (et vu que les larmes ne tombent pas et restent accrochées aux yeux, croyez moi, cela ne semble pas si facile…)

«S’envoyer en l’air» dans l’espace

Extrapolons un peu. Chris Hadfield n’évoque pas le sujet (d’autant qu’il n’y a plus de femmes à bord de l’ISS) mais la question n’en reste pas moins importante : peut-on faire l’amour dans l’espace ?

La NASA n’aborde cet « aspect » des voyages spatiaux que rarement. Pourtant, si des missions vers Mars se profilaient, avec des durées de voyages dépassant les 18 mois aller-retour, il faudrait sérieusement s’y pencher. C’est d’ailleurs pour cette raison que, très puritains, les américains parlent d’envoyer des couples mariés d’astronautes. Il ne faudrait pas non plus que le module spatial se transforme en lupanar …

C’est donc possible ? Sur un plan strictement physiologique, oui. Rien n’empêche un couple de se livrer à des ébats amoureux dans l’espace, même si en apesanteur, il faut reconnaître que cela ne doit pas être très pratique.

Il faut cependant noter qu’au début d’un séjour en apesanteur, les fluides sanguins ont tendance à migrer du bas vers le haut du corps, ce qui empêche toute érection puisque le corps caverneux ne peut pas se remplir. Mais au bout de quelques jours, la situation a tendance à rentrer dans l’ordre.

En fait, l’expérience a semble-t-il déjà eu lieu. Si la NASA fait la sourde oreille sur cette histoire, il n’empêche que Mark Lee et Jan Davis, un couple d’astronautes passagers de la mission STS-47 en septembre 1992, étaient de jeunes mariés. Est-il franchement raisonnable de penser qu’ils n’aient pas été tentés par l’expérience ? Ce serait étonnant…

Mark Lee et Jan Davis
Mark Lee et Jan Davis

Idem côté russe puisqu’officiellement, en 1982, les responsables de l’agence spatiale d’URSS ont reconnu qu’une tentative d’accouplement humain avait eu lieu à bord de Saliout 7, entre la cosmonaute Svetlana Yevgenyevna Savitskaya et un des deux autres occupants de la station, Leonid Popov ou Alexander Serebrov.

Procréer dans l’espace ?

Quant à la question de la procréation, elle est beaucoup plus complexe du fait de l’impact des rayonnements cosmiques, et de leur influence sur les gamètes et le développement de l’embryon. Les particules émises lors des éruptions solaires peuvent en effet traverser sans problème aussi bien les parois des vaisseaux spatiaux que les corps des astronautes et ainsi provoquer des malformations sur un éventuel foetus.

Par ailleurs, la question de la pesanteur est au coeur du problème. De nombreuses expériences d’accouplements d’animaux ont été menées dans l’ISS et elles tendent vers la conclusion que la pesanteur serait une variable à prendre en compte dans la procréation. Par exemple, des expériences menées sur des œufs de grenouille semblent indiquer que peu après la fécondation, la pesanteur est requise afin d’amorcer le développement symétrique de l’embryon, sous peine de malformations. A l’inverse, d’autres tentatives, effectuées dans une centrifugeuse à bord de la navette en septembre 1992, ont abouti à la naissance de 440 têtards parfaitement formés. La question de la pesanteur reste donc ouverte…

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