1912. Franz Reichelt s’élance de la Tour Eiffel et s’écrase… pour la science

ça c’est passé le 4 février 1912.

C’était il y a 101 ans, jour funeste dans la conquête des airs. Le tailleur parisien Franz Reichelt est un fervent admirateur des aviateurs. Il veut faire partie de l’histoire et décide donc de créer – et de tester – son costume parachute.

Franz Reichelt saute en parachute de la Tour Eiffel

Il s’élance de la Tour Eiffel tel un oiseau ridicule, tombe comme une pierre bien lourde et s’écrase sur le Champ de Mars. Le tout filmé en direct par une caméra qui laisse ce formidable essai raté à la postérité. Alors, raconté comme ça, c’est drôle (oui ça l’est … Depuis 1912, il y a prescription quand même) et ça montre que la science peut parfois aboutir à quelques… déceptions (si je puis dire).

Vers l’infini et … dans le mur

Le petit Franz Reichelt est donc passionné par les débuts de l’aéronautique. Il saute de joie à chaque tentative de vol, pleure à chaque crash. Bref, le petit Franz est un peu comme le fan hystérique version 1912 de Justin Bieber.

Mieux encore, Franz décide lui aussi de prendre part à la folle aventure des fous du levier. Il s’investit corps et âme (c’est le cas de le dire) dans son objectif : élaborer un parachute.

Au début, il envisage des ailes repliables. Il équipe des mannequins avec ses inventions et les balance du 5e étage d’un immeuble. Seul souci, le « costume volant » pèse 70kg et les cobayes s’écrasent comme des enclumes.

Mais à coeur vaillant rien d’impossible : le petit Franz ne se décourage pas. D’autant qu’en 1911, l’aéro-club de France promet 10 000 Francs à celui qui inventera un parachute « efficace » (c’est important de le noter) de moins de 25 kg.

franz ReicheltAlors il bosse comme un fou Franz. Avec ses ciseaux de tailleurs, il coupe et découpe de nouveaux prototypes. Les mannequins, eux, y mettent vraiment de la mauvais volonté et continuent de tomber avec la grâce d’un tracteur. Il décide donc de tester son concept sur lui-même. La première fois, ça se passe bien : il s’élance d’un promontoire haut de 10 mètres et retombe dans la paille. La deuxième fois, pas de paille pas d’amortissement : il s’en tire avec une jambe cassée.

Ca aurait pu lui servir de leçon. Mais non. Même pas mal. Rien ne fera reculer la science ! (ou l’idiotie, on ne sait pas). Quoi qu’il en soit, une idée lumineuse frappe le petit Franz : si ça ne fonctionne pas, ce n’est pas la faute de son parachute, c’est parce qu’il n’a pas sauté d’assez haut ! La bonne idée que voilà !

Toujours plus haut, plus fort, plus vite

Il passe donc de 10 à 57 mètres, hauteur du premier étage de la Tour Eiffel. Il demande l’autorisation de la préfecture de police de Paris (qui lui accorde) et commence par envoyer quelques mannequins par dessus le bord (encore).

Et un beau jour, le voilà qui arrive sans son mannequin. En ce clair matin de février 1912, il a enfilé son propre costume-oiseau et s’apprête à faire le grand saut (à tous les sens du termes) pour leur montrer à tous que son invention fonctionne ! Même la presse est là, convoquée la veille par le kamikaze : une trentaine de reporters, deux cameraman, et même BFM TV…

Quelqu’un lui conseille de mettre la corde de sécurité mais lui, répond qu’il « tient à prouver la valeur de son invention« . Ah vanité !

Le petit Franz est donc au bord du vide, le sourire aux lèvres. Il avance, il recule, il regarde en bas. Il hésite pendant quelques dizaines de secondes. Et finalement, il se lance. Mais son costume s’enroule autour de lui. Du coup, il rigole moins. Et il tombe comme une pierre à la vitesse grand V.

Pauvre petit Franz… s’il avait su deux jours avant, qu’un américain a sauté de la statue de la Liberté et que lui, en revanche, a survécu grâce à son parachute circulaire, il aurait sans doute attendu de perfectionner son modèle avant de faire le grand saut.

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